Cuisine ouverte ou fermée : comment faire le bon choix ?

INSIDE Cuisine

Abattre la cloison entre la cuisine et le séjour revient très souvent dans les projets dont on nous parle, en particulier dans les maisons des années 1970 à 1990 où la cuisine est une petite pièce fermée au bout d’un couloir. L’envie est compréhensible : plus de lumière, plus d’espace, et la possibilité de cuisiner sans être coupé du reste de la maison. Mais une cuisine ouverte n’a pas que des avantages, et certains foyers vivent mieux avec une cuisine fermée ou à moitié ouverte. Les critères ci-dessous sont ceux que nous passons en revue avec nos clients avant de dessiner quoi que ce soit.

Ce que l’on gagne à ouvrir la cuisine

Le premier gain, c’est la lumière. Une cuisine aveugle ou orientée au nord profite des baies du séjour dès qu’on supprime le mur. Dans les maisons du littoral, ouvrir la cuisine permet aussi souvent de récupérer la vue : c’est le cas de la réalisation Family Spirit, une cuisine ouverte tournée vers la mer dans une résidence secondaire.

Le second, c’est la convivialité. Celui qui cuisine reste dans la conversation, surveille les enfants, participe à l’apéritif. Pour une maison de vacances ou une location saisonnière, où l’on vit en groupe, c’est souvent décisif. Enfin, dans un petit logement, réunir cuisine, repas et salon dans un même volume donne une impression d’espace qu’aucun cloisonnement ne permet.

Ce que l’on perd, et comment le compenser

Les odeurs et la vapeur

Une cuisine ouverte diffuse ses odeurs dans le canapé, les rideaux et parfois jusqu’à l’étage. La hotte devient donc l’équipement central du projet, et non un accessoire. Une hotte en évacuation vers l’extérieur est nettement plus efficace qu’un modèle en recyclage, qui filtre les graisses et une partie des odeurs mais pas la vapeur d’eau. Pour le dimensionnement, on retient habituellement un débit permettant de renouveler dix à douze fois par heure le volume de la cuisine ; dans une pièce ouverte, ce volume inclut une bonne partie du séjour, ce qui demande un modèle plus puissant. Nos conseils pour choisir sa hotte détaillent les différents types.

Le bruit

Hotte, lave-vaisselle, robot, vaisselle que l’on range : tout s’entend depuis le salon. Le niveau sonore indiqué sur les fiches techniques mérite d’être comparé, surtout pour le lave-vaisselle qui tourne souvent le soir. Les grandes surfaces dures (carrelage, béton ciré, baies vitrées) renforcent la résonance ; un tapis, des rideaux ou des panneaux en bois rainuré côté séjour l’atténuent.

Le désordre visible

Dans une cuisine ouverte, la vaisselle du dîner reste sous les yeux jusqu’au lendemain. Il faut donc davantage de rangements fermés, un évier placé de façon à ne pas être vu en premier depuis le canapé, et parfois une petite arrière-cuisine ou un cellier pour les appareils et les courses.

Moins de murs pour ranger

Supprimer une cloison, c’est perdre un linéaire de meubles. On le compense par des colonnes de rangement, un îlot équipé de tiroirs des deux côtés ou un mur de placards intégré au séjour.

Le chauffage

Un grand volume ouvert met plus de temps à chauffer qu’une cuisine fermée, surtout si les deux espaces n’ont pas la même exposition. À l’inverse, la chaleur dégagée par la cuisson et par un poêle installé dans le séjour profite à toute la pièce. Avant d’ouvrir, il faut vérifier que le système de chauffage pourra suivre.

La cuisine fermée garde de vrais atouts

Une cuisine fermée isole les odeurs, le bruit et le désordre. Elle permet de recevoir dans un séjour net pendant que la cuisine est en plein service, ce qu’apprécient ceux qui cuisinent beaucoup et longtemps. Elle offre aussi plus de murs, donc plus de rangements et de plan de travail pour une même surface. Dans une maison où le séjour est déjà très ouvert sur l’extérieur, garder une cuisine indépendante peut être un choix parfaitement cohérent. Le point faible reste la lumière : on la travaille alors avec des couleurs claires, un bon éclairage de plan de travail et, si possible, une ouverture vitrée.

Le compromis : la cuisine semi-ouverte

Entre les deux, plusieurs solutions laissent passer la lumière et le regard tout en gardant une séparation :

  • la verrière, posée sur une allège ou sur toute la hauteur, qui conserve la lumière et limite en partie les odeurs et le bruit ;
  • la presqu’île, rattachée à un mur ou à un linéaire, qui marque la limite tout en laissant la pièce ouverte ;
  • la grande baie coulissante ou à galandage, qui permet d’ouvrir en journée et de fermer pendant la cuisson ;
  • la demi-cloison avec plan snack, qui cache le plan de travail depuis le salon.

La verrière se dessine sur mesure, dans les proportions de la pièce et dans la couleur que l’on veut. Le projet English Kiwi, à Baden, montre ce qu’une verrière jaune kiwi peut apporter pour séparer deux espaces de vie sans les cloisonner. Pour d’autres idées d’ouverture plus franche, notre article 10 inspirations de cuisines ouvertes sur salon rassemble plusieurs configurations.

Avant d’abattre un mur : vérifier s’il est porteur

C’est le point technique qui conditionne tout le reste. Une cloison légère se démolit facilement. Un mur porteur, lui, soutient un plancher ou une charpente : l’ouvrir suppose une étude de structure, la pose d’une poutre dimensionnée par un professionnel, un étaiement pendant les travaux et, en copropriété, l’accord de l’assemblée générale. Il faut aussi prévoir la reprise des sols, des plafonds et souvent de l’électricité, puisque les prises et interrupteurs du mur disparaissent.

Le coût d’une telle ouverture varie fortement selon la portée, la nature du mur et ce qu’il supporte ; nous ne pouvons l’estimer qu’après une visite et l’avis d’un bureau d’études. Dans la maison de 1930 du projet Cozy Home, l’ouverture de murs porteurs a fait partie d’une rénovation plus large, avec élargissement du couloir, rangements et parquet. Ce type de chantier relève de la rénovation complète avec coordination des artisans, où notre architecte d’intérieur conçoit l’ensemble et où les interventions s’enchaînent dans le bon ordre.

Les bonnes questions à se poser

Pour vous aider à trancher, posez-vous honnêtement ces questions : cuisinez-vous souvent des plats longs ou odorants ? Recevez-vous en cuisinant, ou préférez-vous tout préparer à l’avance ? Supportez-vous de voir la vaisselle depuis le canapé ? La maison est-elle occupée toute l’année ou surtout l’été ? Quelqu’un travaille-t-il ou regarde-t-il la télévision dans le séjour pendant les repas ? Les réponses dessinent assez vite le bon niveau d’ouverture. Nous les reprenons ensemble lors du premier rendez-vous, avant de proposer une implantation. La suite du projet, du relevé à la pose par notre équipe, est décrite sur notre page cuisiniste dans le Morbihan.

Questions fréquentes

Une cuisine ouverte fait-elle perdre de la place de rangement ?

Elle fait perdre un mur, donc un linéaire de meubles. On compense avec des colonnes, un îlot ou une presqu’île équipés de tiroirs, ou un cellier attenant. Bien conçue, une cuisine ouverte peut offrir autant de rangement qu’une cuisine fermée.

Une hotte en recyclage suffit-elle pour une cuisine ouverte ?

Elle peut dépanner quand aucune évacuation n’est possible, mais elle ne retire pas la vapeur d’eau et ses filtres à charbon doivent être changés régulièrement. Quand c’est réalisable, une évacuation vers l’extérieur reste plus efficace dans un grand volume ouvert.

Une verrière arrête-t-elle les odeurs ?

En partie seulement, surtout si elle n’est pas fermée par une porte. Elle limite la diffusion des odeurs et du bruit tout en laissant passer la lumière, ce qui en fait un bon compromis, mais elle ne remplace pas une hotte efficace.

Combien coûte l’ouverture d’un mur porteur ?

Il n’y a pas de prix type : tout dépend de la largeur de l’ouverture, de ce que le mur supporte et des finitions à reprendre autour. Une étude de structure est indispensable avant de chiffrer sérieusement les travaux.

Vous hésitez entre ouvrir, fermer ou trouver un entre-deux ? Prenez rendez-vous avec l’équipe Inside : nous viendrons voir la pièce et en parler avec vous sur place.